Thanh Nghiem

Qui est Thanh ?

De l’abeille au crapaud fou
On dit souvent de moi que je suis une « abeille pollinisatrice ».

Après une carrière fulgurante dans les directions générales des grands groupes – j’ai été à 30 ans la première femme élue Directrice Associée de McKinsey en France – j’ai éprouvé le besoin de mettre mes compétences au service de grands idéaux. Au tournant des années 2000, j’ai alors tout quitté pour accompagner des précurseurs dans le montage de projets pilotes dans le domaine de ce qu’on appelait alors le « développement durable ». Très vite, je me suis intéressée aux communautés de hackers, qui oeuvraient à la libération des logiciels. On l’ignore, mais Socrate était le tout premier hacker de l’histoire ! Cette approche de libération des savoirs m’a passionnée et à partir de là, je me suis mise à expérimenter les modes de vie durables pour en diffuser librement les enseignements. Mon but était d’écrire les « codes sources » de ce nouveau monde, pour les rendre « viraux » et ainsi permettre au plus grand nombre de se les approprier.

Lorsque nous avons commencé, on nous a traités de doux rêveurs. Mais aujourd’hui tout le monde connaît ou utilise Wikipédia ! Cette logique de libération des biens et des savoirs s’applique maintenant à presque tous les domaines : au quotidien avec Vélib’, Blablacar, et dans une certaine mesure AirBnB ; au travail ou dans la production de biens matériels avec les espaces de coworking, les FabLabs ou les MakerSpaces ; dans la production de biens immatériels avec les collectifs Open science, Open santé, Open Education ou encore Open Street Map… Tous ces champs sont aujourd’hui explorés, expérimentés et prototypés par des communautés de pratiques mélangeant experts, amateurs, utilisateurs, patients, décideurs, qui échangent les savoirs et construisent ainsi les biens communs.

J’ai rassemblé tout cela dans un livre publié aux Editions Bayard en 2010, « Des abeilles et des hommes », que Nicolas Hulot a préfacé.

Yann Richet m’a suivie pendant trois ans pour filmer tout cela, et c’est ce qu’on voit dans le film « Nouveau Monde », sorti au cinéma en 2016.

Fin 2016, je me suis lancée avec mon ami Cédric Villani dans un projet aussi fou que son nom : le Manifeste du Crapaud fou. L’idée était de déclencher auprès d’un public élargi une prise de conscience et l’envie d’agir face à l’urgence planétaire. Cela a été tenté d’innombrables fois, me direz-vous. Notre idée n’était pas de fournir un énième rapport d’expert ou un manuel des petits gestes à faire. Il était encore moins de dresser une liste des catastrophes à venir ou de mettre en avant le portrait de personnalités exemplaires. Tout cela est intimidant, voire décourageant.

Pour nous, le crapaud fou c’est l’idée que la survie de l’espèce passe par un changement de comportement. Dans la nature, des recherches ont montré que ce sont quelques déviants qui assurent la survie des crapauds lorsque leur environnement change brutalement. En ces temps agités, parce que nous faisons face à de multiples défis, nous avons cherché à valoriser la diversité et à encourager la singularité en chacun de nous. Pour que chacun ose effectuer le premier pas de côté, quel qu’il soit. Nous nous sommes mis en route avec une première cohorte de 34 crapauds fous, de plusieurs générations, croisant de multiples origines, compétences et façons d’agir, autour d’un socle de valeurs – éthique du partage, collaboration, solidarité, diversité. Il y a un brin de folie et un sens du Jeu et du Nous, avant le « je », et beaucoup d’enthousiasme ! Le Manifeste a été publié en octobre 2017, et depuis, un formidable mouvement collectif s’est créé.

Un an plus tard, plus de 120 000 personnes ont regardé l’entretien sur Thinkerview. 1600 personnes ont rejoint la mare virtuelle et plusieurs dizaines de personnes ont constitué des cohortes pour agir un peu partout en France, à Marseille, Aix, Lille, Roubaix, Brest, Montreuil, Valence, Toulouse… ainsi qu’à Nouméa et même en Chine. Le Crapaud fou a été couvert par la télévision et la radio, les conférences et les articles se sont multipliés (voir liens ci-dessus).

Avec son brin de folie, le Crapaud fou démontre que tout le monde peut devenir acteur du monde qui arrive. Qu’attendez-vous pour nous rejoindre ?

Sur le Web :
Les crapauds fous

 

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